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Pourquoi je n’ai pas adhéré à « Mon soutien psy »

Dispositif de remboursement de séances de psychologie

Le dispositif Mon Soutien Psy présente à ce jour plusieurs limitations

  • le nombre de séances : 12 par an, dont une première d’évaluation de la situation.  Il est vrai que cela peut suffire dans certaines situations. Mais c’est rare de n’avoir besoin d’être suivi que six mois (une régularité d’une séance tous les 15 jours minimum est nécessaire en début d’accompagnement pour lancer le travail). En effet, la démarche est encore bien souvent difficile (car faire face à ses points de souffrance amène des résistances bien légitimes), et les personnes qui consultent arrivent souvent dans un état psychologique qui nécessite en premier lieu de stabiliser le système nerveux pour se mettre au travail dans de bonnes conditions. 
  • le tarif pris en charge : 50 euros la séance. Cette somme arbitraire, qui comprend toutes les charges du praticien, ne correspond pas aux réalités économiques (notamment celle du prix de location d’un local dans certaines villes). Si votre psychologue applique des tarifs non conventionnés (dépassements d’honoraires), votre feuille de soins sera automatiquement rejetée par les organismes payeurs (Assurance Maladie et complémentaires santé). Elle vous sera alors renvoyée.
  • le degré de sévérité de la pathologie rencontrée : s’adresse aux personnes dès l’âge de 3 ans (enfants, adolescents et adultes) en souffrance psychique d’intensité légère à modérée.

Qui ne peut pas être pris en charge par le dispositif?

Certains enfants ou adolescents ne peuvent pas entrer dans le dispositif Mon soutien psy s’ils nécessitent d’emblée un avis spécialisé d’un psychiatre ou d’un pédopsychiatre. C’est le cas lorsque votre enfant ou adolescent présente :

Le dispositif Mon soutien psy n’est pas non plus adapté pour les enfants et adolescents qui :

  • sont actuellement pris en charge en pédopsychiatrie ou psychiatrie ;
  • sont actuellement pris en charge en affection longue durée (ALD) pour motif psychiatrique ;
  • ont été pris en charge en ALD pour motif psychiatrique lors des 2 dernières années.

Les adultes nécessitant un avis psychiatrique : 

L’accompagnement proposé par le dispositif Mon soutien psy ne convient pas à certaines personnes qui nécessitent d’emblée un avis spécialisé par un psychiatre. Il en va de même pour celles qui sont actuellement suivies en psychiatrie. C’est le cas si vous présentez :

Le dispositif Mon soutien psy n’est pas non plus adapté si vous avez des antécédents psychiatriques sévères lors des 3 dernières années. Il en va de même si :

  • vous vivez actuellement avec une affection longue durée (ALD) pour motif psychiatrique ;
  • vous êtes en invalidité pour motif psychiatrique ;
  • vous êtes (ou avez été lors des 2 dernières années) en arrêt de travail de plus de 6 mois pour un motif psychiatrique.

Il est dommage de comprendre que la prise en charge de la souffrance psychologique, telle que le dispositif la propose, suppose la séparation des lieux et moyens de prise en charge. En effet, un patient sévère, correctement pris en charge d’un point de vue médical et médicamenteux, peut bénéficier d’une approche psychologique en parallèle. De même qu’il arrive que l’enjeu d’une démarche vers une psychologue soit celle de l’acceptation de la gravité de la situation psychique, de la profondeur de la souffrance, et la redirection vers un soutien plus encadré en établissement de soin par exemple. 

Enfin, à l’heure de la grande difficulté que rencontre la psychiatrie, faute de moyens (difficulté d’accès à la consultation psychiatrique, pénurie de places en séjours de soin, pénurie de certains médicaments), appuyer sur la séparation des offres de soin me semble contre-productif. 

Ma réalité de consultation aujourd’hui, est celle d’une prise en charge en bonne intelligence et collaboration avec les médecins psychiatres. 

Rappel de la dynamique de thérapie

Un engagement thérapeutique implique le thérapeute, ainsi que le ou la patiente. Ce qui signifie que les deux parties vont s’engager ensemble jusqu’à atteindre un certain palier d’amélioration de fonctionnement (variable selon les problématiques et les personnes). Le thérapeute ne peut pas prédire combien de temps prendra cet objectif. 

En effet, il dépend 

  • de l’ampleur de la problématique, 
  • de la qualité des ressources psychiques et physiques (dans la vie réelle et actuelle) de la personne, 
  • de la disponibilité et de la mobilité du système global. 

Autrement dit, il s’agit pour le psychologue de faire un état des lieux, et de proposer une voie, que chaque personne est libre d’emprunter ou non, et à la vitesse qui est la bonne pour elle en termes de rythme de changement. 

Le dispositif ne permet pas de s’adapter à ce paramètre, puisque le nombre de séances est défini à l’avance, ce qui risque d’amener à une rupture de soins (faute de moyens) dans des moments de déstabilisation, qui nécessitent justement la continuité du lien thérapeutique. 

La thérapie, même brève, est une dynamique relationnelle, qui s’appuie sur une confiance mutuelle pour aborder les points de souffrance le plus respectueusement possible. Elle n’est pas équation mathématique, qui mettrait en rapport une pathologie et une solution impersonnelle. Même la thérapie EMDR, qui est une approche protocolisée, dépend du climat de sécurité de cette relation thérapeute-patient. Travailler dans l’urgence (car nombre de séances limité) ne permet pas de créer, selon moi, ce climat de sécurité. 

Pour conclure

Une participation au coût des séances de psychologie me semble une bonne intention, pour permettre un accès aux soins plus large (l’offre dans le public, en CMP et CMPP étant saturée depuis plusieurs années).

Une formule qui laisserait la/le psychologue faire son travail : évaluer la situation, accompagner son patient sans limitation de durée prédéfinie, en étant en lien avec les autres acteurs de la santé mentale en particulier avec le secteur médical.

Sur le plan financier, une participation à trois endroits a du sens pour moi : une prise en charge par la sécurité sociale, une prise en charge de la mutuelle, et un reste à charge abordable pour la personne pour concrétiser le coût de l’engagement dans une démarche de soin.

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