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C’est quoi une émotion ?

Comment y réagir? 

Est ce utile de comprendre une émotion?

Va-t-elle disparaître par elle-même?

Que signifie accueillir une émotion?

Comprendre ses émotions : ma vision du sujet 

Je pense que les émotions ont pour fonction d’être nos guides intérieurs sur notre manière de percevoir le monde qui nous entoure. Autrement dit, ce sont nos GPS internes. 

Une émotion agréable incite à reproduire, à valoriser, à renforcer l’action qui vient de permettre la satisfaction d’un de mes besoins. Autrement dit, si l’on reprend l’image du GPS, elle indique que l’on se trouve sur le bon chemin. 

“Le bon chemin” = ce qui est utile pour atteindre les objectifs d’évolution personnelle que l’on s’est fixés (et qui sont évolutifs bien entendu).

Une émotion plutôt désagréable va inciter à faire cesser ce ressenti. Elle vient nous interpeler sur le fait qu’un de mes besoins importants n’est pas satisfait. Attention, faire cesser est différent d’éviterL’émotion désagréable va cesser quand une action vers la satisfaction du besoin aura été entreprise. L’évitement au contraire ne fait que repousser le problème, et l’émotion reste active et cherche à se faire entendre. Elle peut être masquée, mais ne disparait jamais, de mon point de vue.

Je me représente, notamment grâce à la BD d’Artmella que j’aime beaucoup : Emotions, enquête et mode d’emploi, l’émotion comme un messager, qui surfe sur la vague émotionnelle corporelle, afin d’atteindre ma conscience. 

J’ai demandé à une autre dessinatrice, Julie Ricossé, de m’aider à illustrer ma vision.

Un messager surfe sur la vague émotionnelle

La vague comprend tous les ressentis corporels, la qualité émotionnelle, et l’énergie mobilisée. Accueillir une émotion, c’est déjà observer par où ça circule en moi (exemple : ça me sert la gorge). C’est plus ou moins agréable. 

Dans le meilleur des cas, j’ouvre la porte à ce messager pour recevoir son message. Au minimum le message me dira si je suis sur la bonne voie pour moi, ou non. 

Je reçois le message apporté par mon émotion

Si je n’ouvre pas, le messager, et sa détermination à me délivrer son message, ne disparaissent pas. Il attend une ouverture derrière la porte, par exemple avec l’arrivée d’un nouveau messager. Les messagers peuvent s’accumuler et faire ressentir une certaine pression intérieure. 

Autrement dit, l’évitement n’est pas une solution efficace, il repousse, voire renforce le problème.

Cas particulier du traumatisme

En cas d’événement traumatique, le psychisme est débordé par la situation. Il n’a pas les moyens de faire face (accueillir, puis digérer en vue de classement dans la mémoire à long terme).

Une solution d’urgence est alors le gel de la vague corporelle et des messages, pour les mettre de côté. Ce messager gelé est mis de côté et devient inaccessible. 

Le messager et la vague qui le porte sont congelés
L'émotion gelée pèse activement sur le présent

Il ne disparaît néanmoins pas non plus, et continue d’activer physiquement la personne lors de stimulations, de circonstances, qui ressemblent à la situation traumatique de départ. Cela correspond aux réactions irrationnelles que nous ressentons : « Je SAIS que ce n’est pas dangereux, mais je ne peux m’empêcher d’être terrifié.e ». 

Ce qui fait traumatisme, c’est ce figement, cet empêchement de traitement de l’événement (dans sa totalité : ressentis, perceptions, pensées) dans la mémoire. La thérapie EMDR, entre autres thérapies psycho-somatiques, peut relancer ce traitement.

Chez l’enfant

Un enfant est souvent démuni face aux événements intenses, car son psychisme est immature, et il a besoin de l’aide d’un adulte fiable (qui va l’écouter, et qui va lui-même être capable de se réguler face à l’événement).

Il s’agit alors pour l’adulte :
– d’accorder son attention à ce que vit l’enfant, sans condition
– de l’aider à nommer ses ressentis physiques, et émotionnels
– d’accompagner le besoin le l’émotion en le légitimant
– dans un second temps, de l’accompagner une mise en sens

 

Les besoins de cinq émotions primaires

La tristesse est l’émotion de la perte, elle invite à s’arrêter faire le point sur ce que cette perte va modifier dans mon identité. Elle a besoin d’être consolée = accueillir la légitimité de cette tristesse.
La question à se poser quand je me sens triste : “Qu’ai-je perdu, et en quoi ça m’affecte, en quoi ça va me changer?”

La colère est l’émotion qui mobilise ma puissance intérieure pour repousser ce qui envahit mes limites (depuis l’extérieur, ou depuis l’intérieur avec une autre émotion que je ne veux pas ressentir par exemple), et pour supporter la frustration. Elle a besoin d’être entendue.
La question à se poser quand je suis en colère : “Qu’est ce qui m’envahit? Qu’est ce que je souhaite repousser qui m’est désagréable?”.

La peur me prévient d’un danger, et prépare le corps chimiquement à y faire face en se battant, en fuyant , ou en appelant à l’aide. Elle est à distinguer de l’anxiété, qui parle le plus souvent d’un danger POTENTIEL imaginé par mon mental. Elle a besoin d’être rassurée = je suis capable de faire face.
La question à se poser quand j’ai peur : “Est ce que j’ai ce problème MAINTENANT? Si oui, quels sont mes moyens pour y faire face?”

La honte m’indique une attitude non conforme aux attentes du groupe social, qui me fait risquer l’exclusion. “Je suis non conforme” invite à cacher. Paradoxalement, le besoin de la honte c’est d’être vue, afin de faire tomber le risque d’être démasqué.e.
La question à se poser quand j’ai honte : “Qu’est ce que j’imagine de moi, qui pourrait aboutir à un rejet? Est-ce rationnel?”

La joie est l’émotion de la connexion, de l’élan, de l’amour, et de la réussite dans la satisfaction de mes besoins. Elle invite à répéter, elle valide. Elle a besoin d’être partagée, célébrée.
La question à se poser quand je suis en joie : “Qu’est ce que je viens de réussir/ de vivre, qui correspond à quelque chose d’important pour moi?”

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